Ils ont réussi leur projet

Cryolog, à la pointe de la traçabilité

Cryolog
Site web: www.cryolog.fr
Mail: contact@crylog.fr

25 salariés

CA : < 500 000€ en 2007

Budget innovation : > 40% du budget

Force : forte implication du DG avec les acteurs de la R&D


En 2002, à peine sorti de Centrale Paris, Renaud Vaillant décide de prendre le chemin de l’entreprenariat. Il crée sa PME, CRYOLOG SA, qu’il axe dès le départ sur l’innovation. Son premier projet ? Un Intégrateur Temps Température (ITT), sous la forme d’une étiquette collée sur une unité de vente consommateur.

Il aura mis 4 ans pour développer et commercialiser en 2005 son indicateur fraîcheur toute nouvelle génération, TRACEO®,. Il s’agit d’une étiquette qui indique, par une réaction de coloration et d’opacification, si l’aliment qui doit être conservé au frais n’est plus bon, et cela en mesurant l'impact sur le produit de l’accumulation dans le temps des variations de température.. La denrée alimentaire doit avoir atteint sa Date Limite de Consommation (DLC) ou avoir subi une accumulation critique de ruptures de la chaîne du froid pour changer de couleur.

Très vite, Renaud Vaillant imagine d’autres applications pour aller plus loin que l’étiquette : son système binaire vire au rouge une fois que l’aliment n’est plus consommable. Lorsque la pastille est verte, le consommateur sait le produit consommable mais il ne connaît pas la durée de vie qui reste à l’aliment lorsqu’il arrive en rayon. Son idée est de développer un outil électronique qui apporte cette information élaborée, cette durée de vie dynamique, tout le long de la chaîne logistique. C’est ce qu’a fait cette PME innovante.

Comment a-t-elle mené son projet ?

D’abord en proposant à plusieurs partenaires de déposer un projet de recherche à l’ANR : le projet a été retenu et a débuté le 01/01/06.

1ère étape : une étude des besoins des professionnels a été menée afin de déterminer les fonctionnalités que doit réunir ce tag (ou puce électronique).

2ème étape : l’Ecole Centrale de Paris s’est chargée de l’analyse de la viabilité économique du projet pour les industriels, les transporteurs et les distributeurs..

3ème étape : Cryolog a travaillé en collaboration avec l’ADRIA Développement, expert en microbiologie, pour aider à la détermination des algorithmes de calcul et des modèles microbiologiques à intégrer au tag .

4ème étape : Cryolog s’est rapproché du Cemagref qui a développé ses connaissances et son savoir-faire dans la gestion de la chaîne du froid. Le Cemagref, en association avec l’ANIA, a mené en 2004 un audit de la chaîne du froid en France pour obtenir des historiques de température des aliments, de l’industriel au réfrigérateur du consommateur. Au cours du projet ID TAG, le centre de recherche a réalisé une enceinte climatique capable de reproduire fidèlement ces historiques. Elle a permis de tester la cohérence entre la dégradation réelle des denrées alimentaires et les calculs d’altération menés par le tag, en les exposant aux réalités de la chaîne du froid en laboratoire.

5ème étape : Enfin, le CEA-Leti a permis la réalisation d’un 1er démonstrateur du tag, dont l’élaboration nécessitait des compétences en microélectronique. Il fallait réunir au sein d’une même puce un capteur de température, un calculateur, pour transformer la température en durée de vie dynamique de l’aliment, une mémoire et enfin un outil de communication permettant la transmission de l’information à un PC via un lecteur RF.

Ce projet ANR a ainsi fait appel à de nombreux partenaires publics et privés. Sa première version a été déposée en mai 2005 avant d’être validée en octobre 2005. Financé à hauteur de 50% par l’ANR, il a nécessité une forte implication de chaque partenaire. Le projet a duré 2 ans et demi et a produit 2 prototypes. Le premier a en effet été modifié pour améliorer les caractéristiques des communications du tag et la fiabilité de la mesure des températures.

Plusieurs améliorations doivent encore être apportées au tag afin de finaliser son développement et avant d’être commercialisé. Citons notamment la nécessaire optimisation énergétique ou l’utilisation de protocoles de communication normés. Ces développements nécessitent des investissements supplémentaires. L’aventure n’est pas terminée !

Symprevius: un des partenaires du projet - Pour en savoir plus : cliquez ici

Le point de vue de Loïc L’haridon en charge du projet ID-TAG pour CRYOLOG SA


Quel regard portez-vous sur le projet ?

Avoir une bonne idée est une première étape importante avant de s’engager dans la fabrication d’un nouveau produit … mais la transformer en produit commercialisable réclame de l’énergie et de l’endurance, en particulier lorsque le produit est un concentré d’innovations ! Afin d’obtenir le soutien nécessaire, la capacité de conviction et une bonne perception du marché sont fondamentales.

De nombreux acteurs ont été impliqués dans ce projet. Quelles précautions avez-vous prises ?

Le brevet a été déposé avant le début du projet. Des extensions ont ensuite été ajoutées au fil du développement. Un accord de consortium a été rédigé entre les partenaires afin de définir les missions et rôles de chacun.

Quelle est la principale difficulté que vous avez rencontrée ?

La différence de perception du temps entre chercheurs et industriels rend la gestion du projet difficile. L’industriel a parfois besoin d’avancées rapides, qui ne sont pas forcément compatibles avec la démarche d’un chercheur. Par ailleurs, l’évolution des pratiques dans le secteur agro-alimentaire est lente : l’innovation doit être très pertinente pour s’imposer !

Quel regard critique portez-vous sur l’évolution de votre projet ?

Nous sommes une PME et consacrons l’essentiel de nos ressources à la R&D. Néanmoins, si ce projet aboutit, nous allons devoir nous consacrer à la production de notre tag, le commercialiser et communiquer. Cette mise en place nécessite du temps et entraînera nécessairement une modification de notre organisation actuelle. Cette perspective est essentielle à prendre en compte lors de la mise en œuvre d’un projet innovant au sein d’une PME.